L'Italie est souvent présentée par ses clichés mais ceux-ci évoluent. Actuellement, quelle est l'image de l'Italie ?

L'Italie conserve ses particularismes régionaux. Chaque province, région, ville défend ses propres couleurs. Le campanilisme ou chauvinisme peut être agréable de vivre, à découvrir, à partager. Mais il peut devenir aussi intransigeant comme la rivalité Nord et Sud, la Lega del Nord et son désir de séparatisme. Une autre image, plus concrète celle-ci, est véhiculée à travers son économie et ses centres représentés par de grosses entreprises familiales ou par des entreprises moyennes mais qui dominent plusieurs secteurs. Ils forment ainsi des pôles de référence pour tous les italiens. L'Italie est donc un "nous divisé" paradoxal qui se reconnaît dans une culture méditerranéenne, italique et non pas dans un état.

L'Italie comprend les régions suivantes du Nord au Sud :

1 :  la Vallée d'Aosta 2 : le Piémont       3 : la Ligurie
4 :  la Lombardie   5 : le Trentin-Haut-Adige 6 : le Frioul-Vénétie
7 : la Vénétie 8 : l'Emilie-Romagne 9 : la Toscane  
10 : le Latium 11 : l'Umbria   12 : les Marches
13 : l'Abruzzo 14 : le Molise         15:  les Pouilles        
16 : la Campanie 17 : la Basilicate 18 : la Calabre
19 : la Sardaigne 20 : la Sicile       

Mais parmi celles-ci, 5 régions ont un statut spécial c'est-à-dire davantage d'autonomie dans leur gestion : la Sicile et la Sardaigne, le Trentin-Haut-Adige, la vallée d'Aoste et le Frioul-Vénétie. Ce statut se justifie par un climat, une géographie particuliers de même par  le caractère insulaire de la Sicile et de la Sardaigne.

L'Italie connaît le chômage et la précarité des emplois mais les entreprises par leur structure ont l'avantage d'être flexibles, mobiles. Ce pays possède tout un tissu industriel, artisanal dynamique et entreprenant. L'esprit d'entreprise est présent au Nord comme au Sud malgré les difficultés.

Il existe en Italie ce que l'on appelle les districts qui regroupent les petites et moyennes entreprises qui sous-traitent. Par exemple, dans la région Nord du Frioul autour de Manzano (n°6), une entreprise suit une tradition très ancienne dans la fabrication des chaises. Il s'agit également d'une histoire familiale, celle des Costantini commencée en 1922 et qui se poursuit depuis trois générations. Cette entreprise fait partie d'un district, d'un réseau ce qui lui permet d'exporter, d'adapter ses produits aux demandes des autres pays, de participer à des expositions.

Le district de Florence et de Prato en Toscane (n°9) est également très actif, c'est celui de la confection, du cuir, de la peausserie et de l'industrie textile. Tous les produits sont fabriqués par une miriade de petites et moyennes entreprises, les moins connues travaillent, collaborent avec les grandes marques comme Ferragamo, Gucci. Ce "tissu" industriel acquiert une grande force grâce à ce savant dosage de tradition, souvent familiale, de mode et d'actualité, de soin, d'image de marque identique et identifiable dans le monde entier comme un label de qualité "Made in Italy".

Une autre entreprise de Bari dans les Pouilles (n°15) et dirigée par Gianfranco Dioguardi se développe dans le domaine du bâtiment, des raffineries, des parkings et des logements sociaux. Sous l'impulsion de G. Dioguardi, cette importante société crée des laboratoires de quartier, des chantiers. L'entreprise "adopte" une école, des maisons désafectées et reconstruit, équipe en ordinateurs.C'est un exemple d'entreprise citoyenne.

Ce qui fait pour une bonne part la force des entreprises italiennes, c'est la structure familiale. Elle maintient l'entreprise à l'abri des dérives car les responsables engagent leur nom et donc la parole de l'entreprise.  L'organigramme italien est beaucoup plus léger : le fondateur, ses enfants qui occupent aussi des postes opérationnels. Le clan familial peut s'intéresser à tous les axes vitaux de l'entreprise : la relation avec la clientèle, les fournisseurs, les foires... Les dangers ne sont pas les mêmes dans les administrations publiques où nous trouvons fréquemment le clientélisme, le partage des postes, la corruption.

Depuis 1992 et l'opération Mani pulite (Mains propres), ces tendances sont en train de changer. Il faut reconnaître aujourd'hui dans l'Italie des années 90, l'importance de la magistrature, le sérieux de la police (venue à bout du terrorisme et en guerre contre la Mafia), les secteurs bancaires, universitaires qui sont des lieux d'excellence professionnelle. Toutefois, l'administration centrale reste encore dans une fonction de contrôle entraînant l'inertie, la désorganisation alors qu'elle devrait au contraire protéger, assister, entreprendre. Mais cette situation est en train d'évoluer et la fonction publique reflète de moins en moins la société italienne.

Le sport et le jeu sont une donnée essentielle de la vie italienne à travers la loterie nationale, le totocalcio... La politique, le sport et les entreprises font bon ménage ! A l'équipe de foot AC Milan est associé le nom de Berlusconi, Agnelli (Fiat) à la Juventus, Benetton (Maille et textile) à la Formule 1 et Stephanel (textile) au basket. Les journaux sportifs tels que la Gazzetta, Tuttosport ont plus de succès que le journal français L'équipe.

Les joutes, les courses, les jeux de rue ou de place ont des implications dans la vie sociale italienne car ils sont partie prenante de leur vie quotidienne. Chaque habitant s'identifie à son quartier, son histoire. Parfois cette union passionnée entraîne aussi des conflits, des rivalités. C'est la cas du Palio de Sienne en Toscane (n°9), une course à cheval à cru. On ne le joue pas, on le vit ! Sienne est divisée en 17 quartiers ou contrade qui portent des noms précis comme : l'Oca (l'oie), il Drago (le dragon)... 10 contrade seront tirées au sort pour participer à la course. Certaines sont amies ou ennemies entre elles. La veille de la course, le cavalier (fantino) a l'interdiction de s'adresser à la contrade ennemie. Le vainqueur remporte le Palio, un étendart en soie représentant la Vierge Marie. La victoire est à la fois religieuse et sportive puisqu'à l'issue de la course, le Palio est porté à la Cathédrale de Sienne et béni avec le cheval et le cavalier.Même si des paris officieux existent entre les contrade, on n'en parle pas ! En tout cas, le cavalier qui arrive second est un authentique perdant ! Ce n'est donc pas une simple course de chevaux en costume, ni du folklore. Le Palio se court toute l'année.

Il a cependant fait l'objet d'une opposition des environnementalistes et protecteurs des animaux car la course qui ne dure que 90 secondes environ est féroce pour les chevaux et les hommes. La trajectoire de la piste suit la forme arrondie de la place avec des virages dangereux. Certains la qualifient de barbare et contraire au sport. Mais elle attire toutes les stars, les hommes politiques d'Italie et du monde entier qui assistent à la course depuis les balcons loués à des prix exorbitants.

Le Palio offre une occasion de vivre un événement à la fois religieux, païen, artistique où se mêlent les vices et les vertus de la place ! Pour bien comprendre le Palio, il faut presque être natif de Sienne ou le vivre pendant plusieurs jours dans les quartiers, au milieu de la place, avec les habitants (contradaïoli).Vous ressentirez une émotion unique, passionnée, profondément attachante que vous ne saurez pas expliquer !